Ecrire moins parce qu’il y a moins à dire. Peut être que tout va bien, ou que je m’en persuade. Peut être que j’ai recommencé à m’oublier au détour d’une paire d’yeux dans lesquels j’aurais aperçu encore une fois cette étincelle caractéristique, ce petit truc qui me dit qu’il faut que je persiste dans ma voie car, pour une personne au moins, ce que je fais a un sens, même si je ne sais toujours pas où je vais, une certitude au moins, je sais pourquoi j’y vais, ou peut être pour qui. Ou pour quis, au pluriel parce qu’il y’en a trop, trop de gens à qui je voudrais donner tout ce que je peux. Parce que je sais qu’avec eux, un don n’est jamais payé d’un retour palpable, parce qu’on n’échange rien d’autre que des moments, ces fou-rires, sourires en coin, verres échangés sur une terrasse et vannes péraves en cours. Conversations plus profondes parfois, mais pas trop. On se dit tout par le regard parce que les mots sont dépassés. Bien trop à confier pour se fier à un dictionnaire limité ou à un langage qui ne nous parle pas.
Ça durera peut être pas, et peut être que si. Peut être que tous ces gens là m’apprécient vraiment pour ce que je suis, que si je ne donne pas de nouvelles, eux voudront en avoir. Ou pas. C’est toute la force des non-dits qu’on pense tellement fort qu’ils en deviennent évident. Toute la force qui fait que ça peut tomber d’un coup de vent, un château en allumettes pour un roi qui profite de son trône avant qu’il ne s’écroule. Et c’est bien.
Je te veux si tu veux de moi…