Les pylônes qui défilent au rythme des kilomètres, la route des deux côtés qui n’est plus qu’un fondu de couleurs indistinctes. L’impression de partir trop tôt, ou trop vite, de ne pas savoir d’où on vient, de ne pas savoir où on va. Le sentiment d’en avoir trop dit, ou trop peu. Peut être juste, un petit vide au creux de moi, ou juste la fatigue qui se fait sentir. L’humeur fluctue, on se nourrit au jambon-beurre, la journée passe lentement, trop lentement.
J’aime bien ça pourtant. La route qui défile. La radio poussée un poil trop fort. Les conneries qu’on se raconte dans la voiture, pour se marrer, pour passer le temps, pour le plaisir de dire des inepties. Et mon esprit qui vole bien au delà de tout ça, qui s’éloigne dans les airs, qui a déjà prit un peu d’avance, qui rêve juste de te trouver. Qui sait ce qui peut arriver demain, peut être que je m’en voudrais de ne pas savoir le dire.
Je stresse comme un con pour des conneries. C’est pas bien grave. J’espère comme un con pour sûrement pas grand chose. C’est une habitude. J’irai certainement pas loin. Enfin. Qui sait de quoi demain est fait. Les dés sont jetés dans la grande arène du hasard. La défaite me guette sans doute, une vieille habitude, j’peux pas y faire grand chose à vrai dire. M’enfin bon. Ainsi va ma vie.
Les saisons passent comme nos vieilles habitudes, les nerfs qui lâchent nos âmes prises dans la brume, mais ça va, on dormira demain.